Devinez qui va payer la taxe sur les bonus

A première vue, il semblerait que le président américain Barack Obama mérite des applaudissements pour proposition de taxe bancaire, même si elle doit encore passer l’épreuve du Congrès. Sans aucun doute les gouvernements européens suivent le sujet avec attention afin de déterminer s’ils doivent ou non suivre le même chemin.

Personnellement j’espère qu’ils n’en feront rien. Je regrette également l’introduction cette année de la taxe sur les bonus des traders au Royaume-Uni et désormais en France. Aucune de ces positions ne risque de me rendre populaire mais je demande, juste un instant, un peu d’indulgence.

Qui en réalité finira par payer ces taxes ? Oui, je sais, les banquiers les paieront à un moment ou un autre. Mais pensez-vous vraiment qu’ils paieront ces nouvelles taxes de leur propre poche ?
Non. Cela pourra prendre la forme de nouveaux services à valeur ajoutée, en tout cas il n’y a aucun doute sur le fait que les banques trouveront un moyen de répercuter les coûts sur les consommateurs, c’est-à-dire vous et moi ou alors leurs clients professionnels, les entreprises. C’est une simple question de logique : c’est de là que vient l’argent du système bancaire, à l’exception des sommes injectées par nos gouvernements et auxquelles nous avons tous contribué.

Il y a une autre raison à mon opposition à une taxe sur les bonus bancaires.  Non seulement les banques vont accroître leurs bonus grâce à notre argent, de sorte que nous allons nous rembourser nous-mêmes, mais il existe également un bon argument qui dit que ces gens méritent leur bonus.

Prenez par exemple la banque britannique RBS. Le nouveau directeur exécutif, Stephen Hester, s’apprête à recevoir 9,6 millions de livres de bonus, mais ces bonus dépendent de la réalisation d’objectifs clairement définis.  Il doit rendre la banque rentable de façon à pouvoir la privatiser et ainsi rembourser au contribuable britannique l’argent du plan de sauvegarde dépensé en 2008-2009. Il serait apparemment en avance dans la réalisation de sa mission. Si nous pouvons être remboursés plus tôt que prévu, ce qui d’une certaine façon permet de relancer l’économie, pourquoi nous opposons-nous autant à payer généreusement  pour leurs services les personnes qui rendent cela possible ?
Clairement nous ne voulons pas revenir aux années du crédit facile, certes euphoriques mais en fin de compte désastreuses, sans la moindre idée de comment nous allions pouvoir rembourser. Le monde occidental tout entier a souffert de ce système. Mais attaquer le système bancaire et l’empêcher d’inciter les meilleurs à le remettre sur pieds n’est certainement pas une réponse sensée.

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