Le blog du Choix des Consommateurs

Archive for janvier, 2010

L’entente sur les prix et la responsabilité

Une intéressante affaire sur la fixation des prix est en cours devant les tribunaux britanniques. Elle implique la défunte chaîne de supermarchés Safeway et plusieurs de ses ex employés et dirigeants. En résumé, Safeway, qui n’a plus aucun magasin ni aucune activité commerciale en ligne poursuit son personnel pour entente sur les prix. Les accusés ont demandé que l’affaire soit classée mais ils ont échoué.

Cela étant dit, je ne suis pas ici pour dire qui a raison ou tort dans cette affaire, je n’en connais pas assez bien les détails et je n’ai pas vraiment de compétences juridiques. Je ne suis pas non plus ici pour spéculer sur les effets qu’aurait un précédent sur le droit européen.

Si l’on prend du recul par rapport à ce cas particulier, l’entente sur les prix est cependant en train de devenir une question importante sur Internet et ailleurs. Rien que l’an dernier, certains producteurs de parfums ont interdit la vente en ligne de leurs produits par des particuliers dans certains pays (or, si je reçois pour Noël une bouteille d’après-rasage que je n’aime pas, je ne vois pas pourquoi je ne pourrais pas la revendre, car après tout c’est ma propriété). Nous nous retrouvons maintenant dans cette affaire face à une entreprise qui peut-être – et peut-être seulement – réussira à faire porter la responsabilité de la faute par ses employés de l’époque qu’elle se devait de superviser.

Ce que j’aimerais vraiment voir, bien que j’imagine que ce soit bien trop direct, serait une sorte de commission de contrôle contre les ententes sur les prix. Quelqu’un vers qui, moi, en tant que consommateur pourrait se tourner si je sentais que certains vendeurs se mettaient d’accord, allant ainsi contre mes intérêts et qui serait capable d’agir et de remédier à la situation.

Comme je l’ai dit, cette solution est probablement bien trop facile et beaucoup trop directe.  Mais la situation actuelle est en train de devenir de plus en plus compliquée, et il existe un vrai besoin d’une voie de recours pour le consommateur.

Devinez qui va payer la taxe sur les bonus

A première vue, il semblerait que le président américain Barack Obama mérite des applaudissements pour proposition de taxe bancaire, même si elle doit encore passer l’épreuve du Congrès. Sans aucun doute les gouvernements européens suivent le sujet avec attention afin de déterminer s’ils doivent ou non suivre le même chemin.

Personnellement j’espère qu’ils n’en feront rien. Je regrette également l’introduction cette année de la taxe sur les bonus des traders au Royaume-Uni et désormais en France. Aucune de ces positions ne risque de me rendre populaire mais je demande, juste un instant, un peu d’indulgence.

Qui en réalité finira par payer ces taxes ? Oui, je sais, les banquiers les paieront à un moment ou un autre. Mais pensez-vous vraiment qu’ils paieront ces nouvelles taxes de leur propre poche ?
Non. Cela pourra prendre la forme de nouveaux services à valeur ajoutée, en tout cas il n’y a aucun doute sur le fait que les banques trouveront un moyen de répercuter les coûts sur les consommateurs, c’est-à-dire vous et moi ou alors leurs clients professionnels, les entreprises. C’est une simple question de logique : c’est de là que vient l’argent du système bancaire, à l’exception des sommes injectées par nos gouvernements et auxquelles nous avons tous contribué.

Il y a une autre raison à mon opposition à une taxe sur les bonus bancaires.  Non seulement les banques vont accroître leurs bonus grâce à notre argent, de sorte que nous allons nous rembourser nous-mêmes, mais il existe également un bon argument qui dit que ces gens méritent leur bonus.

Prenez par exemple la banque britannique RBS. Le nouveau directeur exécutif, Stephen Hester, s’apprête à recevoir 9,6 millions de livres de bonus, mais ces bonus dépendent de la réalisation d’objectifs clairement définis.  Il doit rendre la banque rentable de façon à pouvoir la privatiser et ainsi rembourser au contribuable britannique l’argent du plan de sauvegarde dépensé en 2008-2009. Il serait apparemment en avance dans la réalisation de sa mission. Si nous pouvons être remboursés plus tôt que prévu, ce qui d’une certaine façon permet de relancer l’économie, pourquoi nous opposons-nous autant à payer généreusement  pour leurs services les personnes qui rendent cela possible ?
Clairement nous ne voulons pas revenir aux années du crédit facile, certes euphoriques mais en fin de compte désastreuses, sans la moindre idée de comment nous allions pouvoir rembourser. Le monde occidental tout entier a souffert de ce système. Mais attaquer le système bancaire et l’empêcher d’inciter les meilleurs à le remettre sur pieds n’est certainement pas une réponse sensée.

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4 français sur 10 revendent leurs cadeaux de Noël en ligne

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ginnerobot / CC BY-SA 2.0

Une étude TNS pour eBay publiée en décembre montre que 4 internautes français sur 10 ont l’intention de revendre en ligne des cadeaux de Noël qu’ils ont reçu. Ce chiffre est en augmentation de 20% par rapport à celui de Noël 2008.

Les raisons pointées par l’étude sont multiples et on retrouve en tête les cadeaux inutiles ou non désirés. Mais pour 65% des sondés il s’agit surtout de raisons financières puisque l’argent ainsi récolté servira « à des fins économiques ». Et avec raison, puisque la valeur moyenne estimée d’un cadeau non souhaité est de 42 euros, un prix 10 à 30% moins cher que le prix du neuf selon une étude similaire menée chez Price Minister.

L’étude TNS-eBay estime que plus de 18 millions de cadeaux non désirés ont trouvé leur chemin jusqu’aux sapins français, mais attention car tous les cadeaux ne sont pas légalement autorisés à la revente comme l’affaire récente eBay vs LVMH nous l’a démontré : si vous avez reçu une bouteille de parfum dont vous n’appréciez pas l’odeur par exemple, il peut vous être interdit de la mettre en vente en ligne.

La plupart du temps tout se passe bien, mais les droits des 4 millions d’internautes français qui utilisent régulièrement ce moyen pour arrondir leurs fins de mois et se débarrasser d’objets inutiles, dépassés ou en double en sont affectés. Les lois européennes autorisent en effet les marques à menacer des particuliers et des petites entreprises afin empêcher la revente de produits.

Si vous avez déjà confrontés à de telles pratiques, ou que vous y êtes confrontés en ce moment, n’hésitez pas à nous raconter votre histoire et à rejoindre la campagne en faveur du Choix des Consommateurs.