Le blog du Choix des Consommateurs

Archive for décembre, 2009

L’hostilité grandissante de la justice française envers le e-commerce

photo ebay
Un arrêt rendu par la Cour d’Appel de Paris le 6 novembre 2009 pourrait modifier de façon durable les règles qui régissent la vente en ligne en France, notamment entre particuliers.

Un particulier a été condamné pour la vente en ligne de produits de contrefaçon Lancôme, vente qu’il avait effectuée sous un pseudonyme sur la plateforme d’enchères en ligne eBay.

Le tribunal a, comme il se doit, condamné la vente de produits contrefaits mais a aussi et surtout estimé que le fait d’utiliser un pseudonyme pour vendre des produits en ligne contrevenait à l’article 19 de la loi pour la confiance dans l’économie numérique (LCEN) de juin 2004 qui stipule que :

“Toute personne qui exerce l’activité visée à l’article 14 (c’est à dire le e-commerce) est tenue d’assurer à ceux à qui est destinée la fourniture de biens ou la prestation de services un accès facile, direct et permanent utilisant un standard ouvert aux informations suivantes :
1° S’il s’agit d’une personne physique, ses nom et prénoms,…
2° L’adresse où elle est établie, son adresse de courrier électronique, ainsi que son numéro de téléphone… etc.”

Seuls les commerçants sont normalement tenus de respecter ces différentes obligations. Suite à ce jugement cependant, on peut s’attendre à ce que dans les prochains mois les preuves du statut commercial, qui définissent la qualité de commerçant, soient scrupuleusement examinées par les juges qui auront à traiter des affaires similaires. De fait, les vendeurs particuliers, au même titre que les vendeurs professionnels, devraient donc être amenés à devoir diffuser leur identité complète ainsi que l’ensemble de leurs coordonnées lorsqu’ils effectueront une vente sur une plateforme de vente en ligne. Ceci s’applique évidemment à toutes les plateformes de vente en ligne et pas seulement à eBay.

A l’heure où les données personnelles font l’objet de débats techniques, légaux et politiques sans pareil, on peut s’interroger sur cet arrêt de la cour de Paris qui met fin, de fait, au concept du pseudo et qui vient renforcer et confirmer une position légale française de plus en plus hostile au e-commerce.

Si les règles sur la Protection des Données Personnelles sont mises en péril, de nombreux vendeurs pourraient renoncer à vendre leurs produits sur des plateformes en ligne, par peur de voir leurs coordonnées privées utilisées sans leur accord. Le Choix des Consommateurs s’en trouvera donc directement affecté.

Il faut que chacun d’entre nous garde un œil vigilant sur ces problèmes et nous assurer que le droit à la concurrence est adapté à l’ère Internet et aux développements technologiques futurs. La campagne en faveur du choix des consommateurs vous tiendra au courant des derniers décrets et jugements sur ce front.

Un nouveau schéma directeur pour la consommation en Europe

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Meglena Kuneva, Commissaire européenne pour la Protection des Consommateurs qui a récemment dévoilé les résultats d’une enquête menée à travers l’Europe autour des achats transfrontaliers vient de publier son plan de directives pour la consommation en Europe.

Le schéma directeur résume la vision de Mme Kuneva pour le futur et se concentre plus spécifiquement sur l’utilisation des nouvelles technologies et l’amélioration du ratio de confiance des consommateurs pour réussir à atteindre les objectifs fixés.

En écho à la campagne que nous menons en faveur de pratiques plus justes sur Internet et qui a pour but de permettre aux consommateurs l’accès à un plus grand choix de produits et à de meilleurs prix, Kuneva plaide pour un marché européen intégré qui maximiserait les possibilités offertes par Internet, par exemple grâce à des systèmes de paiement novateurs.

Elle appelle aussi à mettre un frein aux obstacles artificiels qui empêchent la concurrence transfrontalière et encouragent des pratiques commerciales anti-consommateurs, notamment avec des frais cachés et des prix trop confus.

Kuneva estime également qu’il est primordial que la politique européenne en matière de consommation « lutte contre les instincts protectionnistes », c’est à dire à la fois le protectionnisme national mais aussi le protectionnisme commercial pratiqué par certaines marques qui veulent maintenir des prix artificiellement élevés pour les détaillants en ligne.

Kuneva espère que cela va améliorer l’expérience client, mais estime que la Commission Européenne un rôle majeur à jouer en soutenant cette démarche :

“La Commission européenne doit s’efforcer de développer un marché dynamique et novateur dans lequel les citoyens sont désireux de s’engager. Ce marché doit être fondée sur un système de réglementation qui favorise la confiance et qui doit s’appuyer sur les nouvelles technologies.”

Dans le cadre de la campagne en faveur du choix des consommateurs, nous savons que les consommateurs sont désireux de s’engager sur ce marché “dynamique et novateur”. Non seulement ça mais ils participent et réclament toujours plus de soutien pour le faire.

Il est maintenant temps pour la Commission de se mettre à l’écoute de sa Commissaire ainsi que des 750.000 citoyens européens qui ont signé notre pétition pour demander une modification des lois sur la concurrence verticale au sein de l’UE afin que la société de consommation que Kuneva veut voir se réalise devienne une réalité.

Le Choix des Consommateurs, qu’est-ce que ça veut dire?

Metro eBay pic

Alia Papageorgiou, rédactrice aux Affaires Européennes pour le journal www.neurope.eu ainsi qu’éditorialiste pour runningheels.co.uk nous explique pourquoi la campagne en faveur du Choix des Consommateurs est importante et nous éclaire sur le fonctionnement interne des des Affaires européennes.

Il est difficile de ne pas les remarquer quand vous descendez du métro à Schuman, principal arrêt de métro de Bruxelles. Et il est tout aussi impossible de passer en bas de l’immeuble de la Commission européenne, le Berlaymont, sans s’arrêter.

Quelle que soit la sortie de métro que vous prenez, tout ce que vous voyez en face de vous sont de immenses affiches montrant une pile de pétitions, le logo eBay, un drapeau de l’Union Européenne, et le nombre ‘750 000 ‘.

Alors qu’en est-il ? Quel est le contexte de la campagne en faveur du choix des consommateurs ?

À l’heure actuelle, des lois européennes, dépassées, donnent le droit aux entreprises d’empêcher les consommateurs de vendre des produits authentiques en ligne, peu importe que ces biens soient neufs ou d’occasion. La campagne cherche à aider l’UE à mettre ces lois à l’heure d’internet et à l’assister dans l’atteinte de l’un de ses objectifs à savoir « pas d’obstacle au commerce ».

La Commission européenne a un certain nombre d’outils à sa disposition pour cela, notamment l’un des plus utilisés : le Règlement. Les règlements possèdent une date d’évaluation et de révision afin que les dirigeants de l’Union Européenne soient régulièrement obligés d’examiner ce qui avait été initialement décidé. Ceci leur permet ainsi de s’assurer que le règlement est toujours adapté aux courants du marché et aux questions juridiques en cours.

Cette période de réévaluation est une véritable opportunité d’améliorer les choses et de s’assurer que les règles imposées sont encore applicables et le seront toujours à l’avenir.

Les règles qui régulent actuellement le commerce au détail en ligne (appelés “accords verticaux”) ont été fixés par un règlement de la Commission européenne il y a 10 ans ; donc bien avant la montée en puissance du web et du commerce en ligne.

En conséquence, l’Union Européenne a laissé des marques et des fabricants bloquer la vente de produits en ligne, limitant par là-même l’éventail de choix et de prix offerts aux consommateurs.

C’est quelque chose que la Commission a déjà reconnu et a commenté :

“Deux développements majeurs ont marqué les 10 ans qui ont suivi l’adoption des règles actuelles: une augmentation de la puissance commerciale de grands distributeurs et l’évolution des ventes sur Internet.

En outre, la mise à jour de la réglementation actuelle avec l’ère d’Internet semble être un objectif clair pour la Commission

Viviane Reding, Commissaire européenne chargée de société de l’information et des médias, a récemment déclaré: “Parvenir à une marché commun digital est une priorité absolue pour l’Europe”. Elle a ajouté:

“Nous n’aurons pas de véritable économie numérique tant que nous n’aurons pas levé tous les obstacles aux transactions en ligne, notamment pour les consommateurs finaux. Cela doit être au premier rang des initiatives politiques européennes destinées à relancer le projet du marché commun”.

C’est une excellente nouvelle que la Commission ait reconnu l’importance d’Internet comme un outil que les consommateurs peuvent utiliser pour améliorer leur choix de produits notamment dans le commerce inter frontalier. Toutefois, ce que la Commission a vraiment besoin d’entendre aujourd’hui, c’est plus de voix d’acheteurs et de vendeurs en ligne, comme vous et moi. Quand d’un clic de souris, nous décidons d’acheter un livre ou une paire de bottes pour l’hiver, nous voulons le faire sans des restrictions qui limitent notre choix.

Il n’est pas trop tard pour faire entendre votre voix. Partagez avec nous vos expériences d’achat et de vente en ligne – à la fois bonnes et mauvaises – et rappelez à la Commission Européenne pourquoi Internet est un outil puissant offrant aux consommateurs la meilleure affaire, et ceci où qu’ils vivent en Europe.

Photo utilisée avec l’autorisation d’A. Papageorgiou

Ou comment une bouteille de parfum va coûter aux citoyens européens leurs droits de consommateurs

Lock and secure

[La Campagne en Faveur du Choix des Consommateurs est supportée par eBay]

Vous avez dû voir passer la nouvelle dans les dernières actualités: le Tribunal de Commerce de Paris vient de condamner eBay à une amende de 1,7 million d’euros pour n’avoir pas réussi à mettre en application un jugement prononcé l’année dernière, visant à empêcher les internautes français d’acheter et de vendre des parfums authentiques Christian Dior, Kenzo, Givenchy et Guerlain sur la plateforme eBay (et ceci dans n’importe quel pays).

eBay a officiellement annoncé dans un communiqué qu’elle avait obéi aux injonctions du tribunal et filtré les annonces de produits LVMH. eBay précise aussi que la décision du tribunal est un coup dur porté aux droits des consommateurs à travers l’Union Européenne et que c’est le début de la fin pour le choix des consommateurs en ligne.

Cette décision met en lumière de manière frappante que l’achat d’une bouteille de parfum du groupe Vuitton ne donne pas le droit de revendre cette bouteille, du moins en France. Et les choses vont plus loin, l’une des idées fondatrices de l’Union Européenne est mise à mal : l’idée de créer un Marché Unique où les individus sont libres de vendre et d’acheter librement des produits à travers les frontières européennes est en danger.

Chris Dawson du site Tamebay le souligne brièvement lui aussi:

“… Ce qui est important ici est que les utilisateurs français d’eBay qui possèdent un flacon de parfum n’ont pas le droit de le vendre. Et pas simplement sur le site eBay France mais sur n’importe quel site eBay dans le monde. Les consommateurs français sont victimes de discrimination et ont perdu la liberté d’acheter des parfums dans d’autre pays de l’UE. Pour les Français, le marché unique européen n’existe plus »

Le directeur général d’eBay France, Alex von Schirmeister insiste que ce jugement aura un impact direct sur les consommateurs et sera probablement cassée par d’autres tribunaux.

La réaction d’Alex von Schirmeister peut être consultée ci-dessous:

La décision rendue aujourd’hui pénalise les consommateurs en les empêchant de vendre ou d’acheter en ligne des biens authentiques. L’injonction constitue un abus des règles de ‘distribution sélective’. Cela revient à faire exécuter des contrats de distribution restrictive, ce qui est anticoncurrentiel.

« Nous pensons que la Cour d’appel invalidera cette décision et veillera à ce que les entreprises de plateforme électronique telles qu’eBay puissent continuer à offrir une plateforme aux acheteurs et aux vendeurs de biens authentiques. »

« L’amende en elle-même est disproportionnée étant donné qu’eBay a respecté l’injonction. De plus, cette amende est en complet décalage avec nos récentes victoires juridiques en France, au Royaume-Uni, en Allemagne, en Belgique et aux Etats-Unis. »

eBay a prévu de faire appel de la décision initiale du tribunal, les audiences préliminaires sont prévues pour le printemps 2010. La campagne en faveur du Choix des Consommateurs vous donnera plus d’informations sur cette affaire dès qu’elles seront disponibles et vous tiendra au courant des implications pour la vente et l’achat en ligne.